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Monde | Par Rabah Iguer | 12-06-2017

Annoncé comme libéré par un groupe de Zenten

Seif El-Islam Kadhafi, un acteur pas comme les autres dans le chaos libyen

La ville de Zenten est contrôlée par des groupes armés opposés au gouvernement libyen d'union nationale (GNA), installé dans la capitale Tripoli. Ce gouvernement considéré comme reconnu par la communauté internationale peine à étendre son autorité à l'ensemble de ce pays plongé dans le chaos depuis l’intervention de l’Otan.

Un groupe armé libyen a annoncé avoir libéré Seif El-Islam Kadhafi qui avait été condamné à mort en Libye pour son rôle présumé dans les événements  de 2011 avant la chute du régime. Samedi la  Brigade Abou Bakr Al-Sadiq, l'un des groupes armés contrôlant la ville de Zenten où il était détenu, a affirmé que Seif El-Islam avait été libéré en application d'une loi d'amnistie promulguée par les autorités libyennes non reconnues basées dans l'est. La ville de Zenten est contrôlée par des groupes armés opposés au gouvernement libyen d'union nationale (GNA), installé dans la capitale Tripoli. Ce gouvernement considéré comme reconnu par la communauté internationale peine à étendre son autorité à l'ensemble de ce pays plongé dans le chaos depuis l’intervention de l’Otan. En juillet 2016, les avocats de Seif El-Islam avaient affirmé que leur client avait été libéré à la faveur d'une amnistie. Cependant cette amnistie, décrétée en avril 2016, ne pouvait s'appliquer aux personnes accusées de «crimes contre l'humanité» comme Seif El-Islam Kadhafi. Ce dernier était le fils le plus en vue de Kadhafi. Certains le considéraient comme le successeur désigné de son père à la tête du pays. Né le 25 juin 1972 à Tripoli, Seif El-Islam n'occupait pas de fonction officielle mais a représenté plusieurs fois la Libye dans le cadre de négociations internationales, notamment lors des accords d'indemnisation des familles des victimes des attentats de Lockerbie en 1988 et du crash du DC-10 d'UTA en 1989. Il se fait aussi connaître lors de sa médiation dans l'affaire des infirmières bulgares libérées en 2007. Très actif pendant le déclenchement en février 2011 de l'insurrection qui a touché la Libye pendant le fameux «Printemps arabe», il tente maladroitement de calmer la situation. En juin 2011, la Cour pénale internationale lance à son encontre un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité. Elle l'accuse d'avoir joué un «rôle-clé dans la mise en œuvre d'un plan» conçu par son père visant à «réprimer par tous les moyens» le soulèvement populaire. Il est arrêté en novembre 2011 par les milices formées d'anciens rebelles de Zenten et, en juillet 2015, il est condamné à mort à l'issue d'un procès dénoncé par l'ONU et des ONG de défense des droits de l'Homme. Les autorités libyennes et la Cour pénale internationale se disputent toujours le droit de le juger. Depuis la chute du régime Kadhafi suite à l’intervention de l’Otan, la Libye est livrée aux milices armées et minée par des luttes de pouvoir. Au total, trois des sept fils de Kadhafi sont morts pendant la révolution. L'un des survivants, Saadi Kadhafi, est toujours détenu en Libye pour son implication présumée dans la répression.

 

R. I.

 

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