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Evénements | Par Adel Boucherguine | 18-06-2017

Répression et allongement de la liste des détenus

Rif : les députés européens tirent la sonnette d’alarme

Le mouvement populaire d’Al Hoceima dans le Rif marocain, le Hirak, semble perdre son caractère pacifique qui a caractérisé, jusque-là, la colère rifaine. Et ce, depuis l’arrestation des principaux leaders de la contestation. En effet, les traditionnels rassemblements nocturnes de centaines, voire aux milliers  de rifains, durant ce mois sacré ont été remplacés par des nuits d’affrontements, de jeudi à samedi, rapporte la presse locale. Cette violence s’est soldée par des blessés et des arrestations parmi les manifestants, ajoutent les mêmes sources.  Dans la journée de vendredi, trois personnes ont été arrêtées, dont le directeur du site d'information RifPress, Mohammed Al Hilali, a rapporté l'agence AFP. Plus d'une centaine de personnes ont été interpellées depuis fin mai à Al-Hoceïma, dans une vague d'arrestations visant le noyau dur d'un mouvement de contestation populaire pacifique réclamant depuis des mois le une politique de développement du Rif. Les principaux meneurs du Hirak, sigle meneur du mouvement populaire, dont son leader Nasser Zefzafi, sont emprisonnés à Casablanca et accusés notamment «d'atteinte à la sécurité intérieure». Cinq d'entre eux, parmi lesquels Zefzafi et Nabil Ahamjik, protestent contre leurs conditions de détention et ont menacé d'entamer une grève de la faim de trois jours, on indiqué vendredi leurs avocats. «Nourriture de mauvaise qualité, isolement, durée des visites limitée à 10 minutes... Les droits fondamentaux des prisonniers ne sont pas respectés», a accusé Me Rachid Benali, coordinateur du Comité de défense des détenus d'Al-Hoceïma, interrogé par l’AFP. «Ils sont en cellule d'isolement, ce qui s'apparente à une mesure punitive alors même qu'ils n'ont pas été jugés», a dénoncé Abdessadek El Bouchtaoui, un autre avocat des détenus, selon le média français.

Les eurodéputés français d'Europe écologie  les verts (Eelv) affiliés au groupe Verts/ALE au Parlement européen, ont exhorté, vendredi dernier, le roi du Maroc, Mohamed VI, à «prendre en compte» les aspirations de son peuple et à «ne pas réprimer» les manifestations populaires exprimant un «profond malaise social», rapporte l’APS. «Face aux risques que font peser de telles tensions, les eurodéputés écologistes demandent au roi Mohammed VI de prendre en compte les attentes  de son peuple, et de ne pas réprimer les tentatives d’expression politique d’un profond malaise social», ont-ils déclaré, regrettant que des promesses  que fait le pouvoir marocain, «seule la répression est devenue réalité». Ils en veulent pour preuve l'arrestation le 29 mai dernier du leader de la contestation, Nasser Zefzafi pour des motifs «fallacieux». «Jugé pour atteinte à la sûreté de l’Etat, il risque la peine de mort»,  ont-ils déploré, soulignant que, depuis, des dizaines d’autres activistes  ont été arrêtés et «soumis à des brutalités policières». Ils ont appelé, à ce titre, les autorités marocaines à abandonner les  charges contre le leader de la contestation populaire qui secoue, depuis sept mois, Al-Hoceïma, ville de la région du Rif dans le nord du Maroc. Les eurodéputés français ont réclamé, en outre, la libération des prisonniers politiques, la mise en oeuvre d’un véritable dialogue avec les mouvements sociaux et le respect des libertés de la presse et de rassemblement.

A. B.

 

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