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Evénements | Par Ziad Abdelhadi | 18-06-2017

Utilisant les informations satellitaires pour anticiper les invasions de criquets

Une nouvelle technologie pour la lutte antiacridienne en Afrique



Des scientifiques de l’Agence spatiale européenne (ESA) et des experts du criquet pèlerin de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO) ont mis au point une nouvelle technologie en matière de lutte antiacridienne qui consiste à utiliser les informations satellitaires afin d'anticiper les conditions favorisant l'apparition d'essaims de criquets pèlerins. C’est ce qu’a indiqué la FAO sur son site web dernièrement. Celle-ci explique que cette technique innovante est le fruit d’une collaboration entre ses experts spécialistes et ESA sur les alertes rapides, et permettra de rallonger de deux mois le délai d'avertissement des invasions acridiennes. La FAO informe par ailleurs que les données obtenues par les satellites, telles que celles de la mission d'évaluation de l'humidité des sols et de la salinité des océans (Smos) de l'ESA, sont utilisées pour surveiller les conditions pouvant conduire au regroupement de criquets, comme l'humidité des sols ou encore la végétation verte. «Nous anticipons depuis des années déjà, à la FAO, les résurgences en travaillant en étroite collaboration avec les pays les plus exposés à ce phénomène en vue de mettre en œuvre des mesures de contrôle. En associant notre expertise aux capacités du satellite de l'ESA, nous pouvons anticiper plus rapidement et avec plus d'exactitude sur les résurgences acridiennes», a déclaré Keith Cressman, fonctionnaire principal en charge des prévisions acridiennes à la FAO. Selon le même responsable, les délais d'avertissements plus longs donnent aux pays davantage de temps pour agir vite, contrôler rapidement une potentielle résurgence et éviter des pertes alimentaires importantes. Pour sa part, le directeur des programmes d'observation de la terre de l'ESA en Italie, M. Josef Aschbacher, a indiqué que des observations de routine réalisées à l'échelle mondiale par les satellites associées à des politiques, promouvant un accès libre et ouvert aux données, constituent d'excellents pré requis pour une collaboration plus étroite avec des partenaires internationaux telles que la FAO ou encore les autres organisations onusiennes. Dans ce sens, le même responsable a fait savoir que l'ESA appuie pleinement les activités de recherche et de développement de ces organisations car elles contribueront à trouver de nouvelles manières d'utiliser les données obtenues par l'observation des satellites. Pour rappel, les prévisions acridiennes obtenues à partir des informations satellitaires se basaient dans le passé sur la végétation verte, ce qui signifie que les conditions favorisant l'apparition d'essaims de criquets étaient déjà présentes avec, par conséquent, un délai d'avertissement de seulement un mois. «Nous avons maintenant la possibilité de connaître les risques d'une résurgence acridienne un ou deux mois à l'avance, ce qui nous aide à mieux mettre en place des contrôle préventifs», a déclaré M. Ahmed Salem Benahi, le directeur de l'information du Centre mauritanien de lutte antiacridienne.

Il convient de souligner, selon les données de la FAO, que les criquets pèlerins sont des sauterelles capables de former de grands essaims, qui représentent une menace importante pour la production agricole, les moyens d'existence et la sécurité alimentaire. On les trouve surtout au Sahara, à travers la péninsule arabique et en Inde. Un kilomètre carré d'essaim, indique la FAO, contient près de 40 millions de criquets. Ces derniers peuvent manger la même quantité de nourriture que 35 000 personnes en une seule journée. En Afrique de l'Ouest, lors de l'invasion qui a eu lieu entre 2003 et 2005, plus de 8 millions de personnes ont été affectées, de nombreuses cultures céréalières ont été ravagées et jusqu'à 90% des légumineuses et des pâturages ont été détruits. Il aura fallu près de 600 millions de dollars et 13 millions de litres de pesticides pour maitriser la situation.

Z. A.

 

lus de 39% dans les services et 13,6% dans la production de biens. En 2016, pas moins de 98 500 personnes physiques se sont fait radier du registre du commerce.

B. A./APS

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