INFOS
Evénements | Par Karima Mokrani | 19-06-2017

L’annonce devra être faite par le ministère de la Communication prochainement

L’ARAV attend l’agrément des chaînes de télévision privées



Ce n’est pas un aveu d’échec ou d’impuissance que le président de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav) a fait, hier, dans un entretien accordé à notre confrère El Khabar, suite aux dérives nombreuses des chaînes de télévision privées durant ce mois de Ramadhan, fortement dénoncées par le large public, en ce qui concerne notamment le contenu des programmes de «caméras cachées». Non, Zouaoui Benhamadi ne se sent nullement ciblé par les attaques à répétition contre l’instance et sa propre personne pour la simple raison, dit-il, que l’Arav n’est pas habilitée à interférer dans le traitement par les chaînes de télévision privées des sujets d’actualité et autres questions qui intéressent l’opinion publique. «Ce n’est pas cela notre mission. Nous, à l’Autorité de régulation, nous travaillons à accompagner ces chaînes pour élargir les marges de liberté médiatique. C’est cela notre travail», a-t-il insisté, se défendant ainsi des accusations portées à son encontre suite, entre autres, à l’affaire du ministre du MPA, Lyes Benagoune, limogé quelques heures après son installation, ainsi que le contenu des programmes de caméras cachées qui, dans leur majorité, incitent à la violence.

Dans cet entretien, M. Benhamadi dégage toute la responsabilité de l’instance dans les dérives signalées ça et là, non sans reconnaître le manque de moyens matériels et humains pour pouvoir agir de façon à minimiser les dégâts. Mais là n’est pas le grand problème, soutient-il. En effet, a tenu à préciser le président de l’Arav, l’instance créée par la loi du 23 mars 2014 et disposant de toutes les prérogatives pour mettre de l’ordre dans le secteur de l’audiovisuel,  se trouve dans une situation de fait accompli. Plus précis, dira-t-il, les chaînes privées ont été créées avant la création de l’instance et toutes exercent dans l’illégalité parce que tout simplement elles sont encore des chaînes étrangères qui ont juste des bureaux de représentation en Algérie et travaillent avec des autorisations provisoires. Les pouvoirs publics ont toléré l’arrivée en masse de ces chaînes et leur sont même reconnaissants parce que ces mêmes chaînes, «malgré certaines erreurs qui pourraient être corrigées loin des flammes des batailles et des guerres», ont contourné le danger d’autres chaînes arabes et étrangères qui ont une ligne totalement opposée à l’Algérie. Rien que pour cela, aussi bien l’Arav que le département de la communication, peut être même le gouvernement, sont disponibles à remettre de l’ordre sans ce secteur polémique, sans rancœur et sans règlement de comptes. Tout s’arrangera à l’amiable comme diraient certains, mais dans un respect total des textes de loi. Un respect total aussi du cahier des charges devant lier les deux parties (la chaîne de télévision et l’Arav). Et il n’y a pas 36 chemins pour arriver à cet objectif, le plus droit et le plus court est celui qui passe par une décision souveraine émanant du ministère de la Communication pour l’annonce de l’agrément des chaînes privées en Algérie, ce qui ne saurai trop tarder, laisse entendre le premier représentant de l’Arav qui affiche un grand optimisme quant à l’aboutissement de cette démarche. Le président de l’Arav vient d’être reçu par le ministre de la Communication, Djamel Kaouane, à la demande de ce dernier et la discussion, quoi que courte, a porté sur ce sujet précis. M. Kaouane a exprimé sa solidarité avec l’Arav et s’est engagé à l’appuyer par tous les moyens possibles. Le représentant de l’Arav a aussi été reçu par le Premier ministre, Abdelmadjid Tebboune. C’est dire l’importance accordée à ce sujet. L’on peut donc espérer une annonce proche de l’agrément des chaînes privées en Algérie sur la base d’un cahier des charges précis. M. Benhamadi avance un chiffre de 10 chaînes. Pas plus. C’est à ce moment là seulement qu’une décantation réelle du champ audiovisuel pourra se faire et que ces chaînes répondront de leurs actes devant les autorités habilitées, à leur tête, le ministère de la Communication qui est le représentant de l’Etat. L’Arav, son rôle, est d’aider à élargir les libertés médiatiques de ces chaînes, insistera encore Zouaoui Benhamadi.

K. M.

Réactions (0)