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Théma | Par A. Lemili | 28-06-2017

Sécurité alimentaire durant la période estivale

Malbouffe, le chemin le plus court vers les gros risques

Veiller à la sécurité et la santé des citoyens peut être maitrisable, surtout à certaines périodes où le risque connait un pic : la saison estivale. Celle-ci couvre notamment les mois de juillet et août. Une période encore plus cernable que le champ d’action des services concernés est d’emblée connu : les régions à vocation touristique, même si en réalité ailleurs la vie ne s’arrête pas entre-temps d’autant plus que les populations qui ne se seraient pas en vacances prolongées disposent désormais de tous les moyens collectifs et individuels de se diriger vers lesdits lieux et espaces de vacances ne serait-ce que pour une journée ou le week-end. Et il ne faudrait également pas occulter la présence et la multiplication des centres de vacances. Or, qui dit centre de vacances considère obligatoirement d’importantes commandes de fruits, légumes, viandes, poissons, lait et dérivés lesquels, en plus d’une péremption rapide parce qu’accélérée eu égard à la période, nécessitent donc des moyens de stockage autant fiables que pérennes, il en va de même pour leur transport et les conditions dans lesquelles celui-ci est s’effectue




Est-ce dû au simple hasard qu’à chaque période estivale qui passe, les Algériens ne sont pas sujets à de graves cas d’intoxication, voire de nature endémique ? Pourtant, ce n’est pas faute d’ingurgiter n’importe quoi et que cela soit dans la périphérie immédiate de chacun des citoyens-consommateurs, de leurs proches, du voisinage, il est aisé de constater qu’effectivement la propension des uns et des autres à acheter et consommer à tour de bras des produits dont la destination ponctuelle ne peut logiquement être que la niche à ordures, il doit y avoir quelque part un miracle, voire, même si cela risque de relever du mysticisme à deux sous, une protection immanente, sinon un autre type de protection mais qui dépasserait alors tout raisonnement scientifique à savoir une immunité acquise par l’absurde. Autrement dit, à force de «bouffer» n’importe quoi ou sinon tout sans distinction et sans exigences prophylactiques, le métabolisme de nos compatriotes s’est paradoxalement doté d’une forme d’immunité que tout esprit cartésien évacuerait du revers de la main.

Toutefois, et même s’il ne semble exister aucune approche scientifique ou médicale autour du mode de consommation évoqué, des conditions dans lesquelles il se fait, il apparait pour le moins certain que si risques il y a ces derniers pourraient ne devenir visibles de manière très sérieuse, pour ne pas dire grave dans une, voire deux décennies si ce n’est plus. La logique aurait voulu que tout cela n’ait pas lieu même si la première réaction salutaire est à attendre du côté des consommateurs eux-mêmes, sauf que ces derniers peuvent prétendre à des circonstances atténuantes d’autant plus que c’est aux pouvoirs publics et leurs organismes délégués qu’il appartient de veiller sur la santé et l’intégrité physique des citoyens. Il s’agit là d’une disposition constitutionnelle. Une telle attitude et la démarche est pour le moins possible dans la mesure où, dans le cas de figure en question, la période de risque est connue en ce sens qu’elle est immuable : la saison estivale. Celle-ci couvre notamment les mois de juillet et août. Une période d’autant plus cernable que le champ d’action des services concernés est d’emblée connu : les régions à vocation touristique, même si en réalité ailleurs la vie ne s’arrête pas entre-temps d’autant plus que les populations qui ne se seraient pas en vacances prolongées disposent désormais de tous les moyens collectifs et individuels de se diriger vers lesdits lieux et espaces de vacances ne serait-ce que pour une journée ou le week-end. Et il ne faudrait également pas occulter la présence et la multiplication des centres de vacances. Or, qui dit centre de vacances considère obligatoirement d’importantes commandes de fruits, légumes, viandes, poissons, lait et dérivés lesquels en plus d’une péremption rapide, parce qu’accélérée eu égard à la période, nécessitent donc des moyens de stockage autant fiables que pérennes, il en va de même pour leur transport et les conditions dans lesquelles celui-ci est s’effectue. Pour qu’elles aient un impact conséquent, ces actions ne peuvent qu’être intersectorielles considérant l’implication autant des services de santé, de l’ordre public, du commerce, d’hygiène, des finances. Si avec de la bonne volonté et surtout le souci de veiller de manière effective sur la santé des estivants, la chaîne de surveillance peut s’obliger à une réelle efficacité ou du moins à restreindre le plus gros des risques, les zones à vocation touristique (plages, montagnes, forêts) peuvent être contrôlables, autant que les autres regroupements de personnes que sont les colonies de vacances, les centres aérés, les excursions…pour peu que des solutions adaptées et pérennes soient apportées aux anomalies constatées ou signalées, et notamment par le nettoyage-désinfection, ainsi que la formation du personnel à l’hygiène. Des éléments à considérer comme un levier prioritaire et essentiel d’amélioration de l’hygiène générale, laquelle ne peut se passer de constantes améliorations en matière de températures, de conservation des denrées distribuées ou vendues chaudes et froides, notamment dans le secteur de la restauration commerciale. Vaste programme dirait l’autre. En effet, il relève carrément de la gageure d’imaginer un tel instant que tout cela soit ainsi, même si en théorie le cadre réglementaire existe, mais, il faut le préciser, n’existe que pour la forme tant qu’il est contourné par l’homme, autrement dit le prestataire et totalement ignoré ou soupesé par le consommateur si tant est que celui-ci ait une démarche rationnelle avant d’avoir assouvi son envie de manger. En effet, imaginerait-on un seul instant que ledit consommateur se montre regardant sur l’absence d’une quelconque information sur ce qu’il ingurgite, les conditions de conservation des produits qu’il achète, c’est-à-dire de bonnes pratiques d’hygiène, des «réflexes» à adopter dès qu’il s’agit de la sécurité sanitaire des aliments qu’il pourrait avoir dans son assiette ou dans son sandwich ? Ce qui, en Algérie, relèverait du domaine du rêve.

A. L.

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