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Théma | De notre correspondant à Annaba Mohamed Rahmani | 28-06-2017

Annaba

Un danger pour la santé publique


Hygiène respects des conditions de stockage, date limite de consommation, normes d’exposition ne sont guère une priorité pour la grande majorité des commerçants, qu’ils soient réguliers ou exerçant dans l’informel. La réglementation régissant cette activité est pourtant claire et prévoit de lourdes sanctions en cas d’infraction, mais les contrôles étant ce qu’ils sont, les commerçants ne sont pas du tout dissuadés et continuent ces pratiques malgré leur incidence sur la santé publique. Rien que le jour de l’Aïd, les étals proposant des sandwichs aux merguez pullulaient, dans la rue sur les trottoirs ou les places publiques, de la fumée aux odeurs de viande grillée emplit l’atmosphère invitant les passants à en consommer. Une merguez d’origine et de composition douteuse qui peut facilement provoquer des intoxications alimentaires aux lourdes conséquences. La dernière saisie en date remonte à 2 jours avant l’Aïd, les brigades mixtes relevant de la direction du commerce et affectées au contrôle ont mis la main sur 190 kg de merguez préparé avec des abats de mauvaise qualité, une importante quantité qui aurait pu causer bien des problèmes aux consommateurs.

Le lait cru vendu au bord des routes sans aucune forme de contrôle et qui attire des centaines d’automobilistes qui stationnent sur le bas côté est, lui aussi, d’origine douteuse car celui-ci peut provenir de bêtes atteintes de maladies qui peuvent se transmettre à l’homme par ingestion. En effet des zoonoses telles que la brucellose et la tuberculose bovine peuvent facilement passer à l’homme. Normalement ces laits doivent être livrés à la transformation pour être stérilisé avant d’être mis en vente, mais les éleveurs sachant que leurs bêtes sont atteintes se dérobent au dépistage effectué par les vétérinaires au niveau des exploitations, ce qui les exclut automatiquement de la délivrance de l’agrément ouvrant droit au soutien accordé dans le cadre du Plan national de développement agricole (Pnda). Et donc ces laits non contrôlés représentent un véritable danger public qui menace la santé des populations qui en consomment d’importantes quantités. Les campagnes de sensibilisation menées tambour battant par les pouvoirs publics en diffusant des spots à la radio locale d’Annaba ou encore au niveau des écoles, avec force explications et distribution de dépliants ne sont pas venus à bout de ce phénomène qui a pris des proportions alarmantes. Les contrôles effectués par les agents de l’Etat, dépourvus de moyens et ne pouvant exercer leur mission dans de bonnes conditions, outre le fait qu’ils ne peuvent ,pas intervenir sur la voie publique ne changent rien à cette situation qui perdure. Les conditions d’exposition des produits périssables tels que le pain, les boissons gazeuses ou l’eau minérale ne sont pas du tout respectées. Du pain dans des corbeilles sur le trottoir, devant les locaux commerciaux, au soleil à une température qui avoisine les 33°, les nuages de poussière soulevés par le passage des véhicules et qui viennent s’y coller, des chats qui tournent autour et des consommateurs qui, à chaque fois, «tâtent» les baguettes pour en choisir. Pour l’hygiène, il faudra repasser. Les boissons sont elles aussi exposées dans les mêmes conditions, la plupart étant dans des bouteilles en plastique, celles-ci chauffent au soleil ce qui donne lieu à leur décomposition. Des jus conditionnés dans des sachets en plastique subissent le même sort, là aussi les consommateurs ne s’en soucient guère en achetant en quantité. Les fast-food et les pâtisseries sont logés à la même enseigne, un réduit qui sert de salle de restauration où l’on mange debout sur des guéridons, un service des plus exécrables, une cuisine envahie par les chats, des restes de nourriture qui trainent sur le sol, des cuisiniers en bras de chemise, aux cheveux en broussailles et des mains crasseuses qui manipulent les ingrédients. Bref l’intoxication est garantie. Cette situation perdure sans que l’on ne prenne des dispositions coercitives à l’encontre de ces commerçants qui ne pensent qu’au gain. Une aubaine pour ces derniers qui continuent «leur œuvre».

M. R.

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