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Théma | De notre correspondant à Tizi Ouzou Malik Boumati | 28-06-2017

Tizi Ouzou

La vigilance doit être de mise



C’est l’été. Une saison connue pour ses virées à la plage et toutes sortes de divertissements. Mais elle est aussi connue pour ses canicules infernales et ses risques sur la santé publique. Ce sont des risques sérieux dus, entre autres, à la qualité de l’eau susceptible de causer des maladies à transmission hydrique (MTH). Il y a aussi des risques plus fréquents d’intoxications alimentaires et de nombreux facteurs pourraient en être à l’origine, comme la consommation de produits périmés. En fait, avec les grandes chaleurs, comme celles qui se sont abattues sur l’Algérie durant la dernière semaine du mois de ramadhan, de nombreux produits alimentaires sont susceptibles de devenir des vecteurs de maladies. Des produits laitiers, des boites de conserve, des produits surgelés, les sandwichs et les plats servis dans les fast-foods et même les produits préparés comme les jus et les glaces doivent subir des contrôles réguliers de la part des services compétents de l’Etat, mais aussi des associations, des commerçants eux-mêmes et des consommateurs. Comment un produit commercialisé peut-il devenir un vecteur de maladies ? De plusieurs manières, comme le non respect de la chaîne de froid ou  dans les conditions de préparation, de stockage, de conservation et d’hygiène. Il faut donc être vigilant à tous les niveaux d’intervention. Et c’est pour cela qu’il faut la mobilisation de tous pour venir à bout des maladies causées par les mauvaises conditions de commercialisation des produits alimentaires. En d’autres termes, les directions du commerce censées contrôler le marché et empêcher la propagation des maladies dues au manque d’hygiène ne pourront jamais mettre fin à ce fléau, même si les responsables et les éléments montrent toute la volonté du monde à travailler sérieusement. Il est tout de même regrettable de voir des éléments de ces mêmes directions se ridiculiser auprès des commerçants pour des questions futiles, comme l’affichage des prix pour un ou deux articles, alors que dans le même commerce, l’on pourrait trouver plusieurs vecteurs de maladies. Il faut dire que les différentes campagnes de sensibilisation menées par les directions de commerce n’ont pas un impact réel sur la situation globale. Ni les commerçants, ni la population ne prennent au sérieux les actions menées par ces mêmes directions, en raison notamment des paradoxes qui accompagnent leurs actions sur le terrain. Et comme signalé plus haut, ces entités publiques ne sont pas censées être seules sur le terrain de la prévention, mais doivent être accompagnées par notamment des associations de protection des consommateurs. Des associations qui doivent être crédibles et puissantes. Malheureusement pour l’Algérien, ce genre d’associations n’existe pas encore en Algérie. Il y a uniquement des petites associations qui se contentent d’organiser des petites expositions pour justifier les subventions qu’elles perçoivent des pouvoirs publics. Il importe de relever que même les commerçants ont un rôle à jouer dans ces actions de prévention. Bien sûr, il n’est pas question ici des commerçants véreux qui sont capables de vendre des produits périmés et qui prennent le risque par exemple d’éteindre durant la nuit les réfrigérateurs contenant les produits laitiers et autres produits périssables. Il est plutôt question des commerçants qui ont une conscience humaine et professionnelle. Ceux-là devraient être vigilants avec leurs fournisseurs et notamment les distributeurs qui s’occupent du transport. Parce que certains d’entre eux ne sont pas très regardants sur le respect de la chaine de froid. Il restera toujours ce dernier maillon de la chaîne qui doit faire preuve de vigilance : le consommateur. Il peut toujours éviter d’acheter des produits alimentaires proposés à la vente sur les trottoirs, même si leurs prix sont imbattables. Le consommateur doit comprendre que s’il économise dans ce genre d’achat, les coûts sur sa santé, si elle est atteinte, peuvent être beaucoup plus importants. A quoi bon économiser 20 dinars sur un produit s’il condamne l’acheteur à une dépense de plus de 5000 dinars en consultation médicale et achat de médicaments. Le consommateur doit être conscient des dangers provenant des produits alimentaires mal stockés ou mal conservés. Il s’agit de sa santé. Il s’agit de sa vie.

 M. B.

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