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Culture | Par Nasser Hannachi | 06-07-2017

En musique, en images ou en littérature

Les arts, un vecteur pour cristalliser l’histoire

La guerre de libération nationale continue d’inspirer. Elle s’affiche comme un terreau fertile pour le monde artistique et culturel, un filon authentique perpétuant et évoquant le génie des artisans du mouvement national.

La guerre de libération nationale continue d’inspirer. Elle s’affiche comme un terreau fertile pour le monde artistique et culturel, un filon authentique perpétuant et évoquant le génie des artisans du mouvement national. En musique, en arts plastiques, en images ou en littérature, l’histoire algérienne riche et glorieuse ayant ramené l’indépendance, le 5 juillet, doit se doter d’un socle solide pour la pérenniser. Le cinéma algérien qui a ouvert le bal à la mémoire collective aura contribué majestueusement à la création d’un fonds documentaire émouvant et naturel qui a scotché des générations devant le grand ou petit écran. En cette dernière période, Zabana, Benboulaïd ont conforté le panorama avec de nouvelles facettes et avec une autre lignée d’acteurs et de réalisateurs. Des chansons patriotiques retentissaient avec des mesures indélébiles. Beaucoup d’artistes y ont participé, dont la diva Warda El Djazairia. Jusqu’ici l’oriflamme est restée étincelante. Les pouvoirs publics, sous l’impulsion du président de la République, insistent sur la préservation de l’histoire et la récupération des archives. Par le truchement des deux ministères de la Culture et des Moudjahidine des collaborations se nouaient pour inciter à l’écriture en puissant à fond dans les témoignages vivants. Un exercice délicat auquel se sont adonnés spécialistes (parfois la confusion règne) pour composer fidèlement l’histoire nationale. Des milliers d’ouvrages inondent les librairies. Chaque fragment historique est soumis à de multiples angles. Les faits s’entrecroisent toujours sans délivrer leur transcription finale. En parallèle, des artistes peintres délayent leur pinceau et toile. La brèche est grande ouverte dans les quatre coins du pays. «Il faudra se perfectionner dans la confection des stèles. Combien d’effigies de martyrs ont été bâclées. Ça n’honore pas l’histoire», témoignent quelques citoyens. Réalisées à prix élevés sans esprit de contribution patriotique, certaines sépultures commémoratives frôlent l’amateurisme au moment où l’Algérie, indépendante depuis plus de 50 ans, a vu l’émergence des plasticiens et sculpteurs de grand talent. «Il faudra revoir la stratégie propre à la confection de ces créations en associant de véritables experts afin de ne pas affecter l’image de l’histoire nationale», dira un artiste. «Les expériences antérieures, du moins de ces dernières années, laissent un gout d’inachevé marqué par des œuvres de piètre qualité», ajoutera-t-il. En témoigne la statuette en bronze du héros de la guerre de libération, Larbi ben M’hidi à Ain M’lila. Une œuvre ayant consommé plus de deux milliards, mais déboulonnée suite à l’indignation manifestée par la population. L’histoire est  dénaturée et altérée par une illustration de mauvais goût. Constantine a vécu un scénario similaire avec la stèle du réformiste Benbadis. Aux aguets, la société civile n’a pas tardé à réagir et à forcer les responsables locaux de «déraciner» ce cadeau indélicat pour la cité symbole du mouvement national. Entre vérités et arts de retranscrire, le monde culturel algérien tente des interprétations aussi fidèles qu’originales pour susciter l’intérêt sur l’histoire du mouvement national. Des créations et innovations retraçant l’histoire se sont multipliées. Sauf que pour certains experts, on ne doit pas occulter les traces dans l’abondance des couleurs, sous peine de dénaturer l’histoire. «Il est nécessaire de faire participer les professionnels (historiens, témoignages, archives,…) pour éviter une éventuelle touche fictionnelle dans l’histoire de notre pays. L’exclusion de l’une de ces parties pourrait donner lieu à des œuvres culturelles- tous genres confondus- dénuées de vérité», insistent-ils. La culture au service de l’histoire devrait obéir à une fantaisie, une prouesse. Bref un art qui met le parcours du mouvement national au cœur des évènements. C’est tout l’art de garantir la préservation des faits et leur authenticité.

N. H.

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