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Santé | De notre correspondant à Tizi Ouzou Malik Boumati | 06-07-2017

Rencontre scientifique à Tizi Ouzou

Journée d’étude sur les cancers professionnels

Le bloc pédagogique du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou a abrité mardi dernier la première journée régionale de la médecine du travail, consacrée aux cancers d’origine professionnelle. Des spécialistes de plusieurs universités et CHU se sont succédé à la tribune pour évoquer ce mal que les chercheurs n’arrivent pas encore à cerner.

Le bloc pédagogique du Centre hospitalo-universitaire (CHU) Nedir-Mohamed de Tizi Ouzou a abrité mardi dernier la première journée régionale de la médecine du travail, consacrée aux cancers d’origine professionnelle. Des spécialistes de plusieurs universités et CHU se sont succédé à la tribune pour évoquer ce mal que les chercheurs n’arrivent pas encore à cerner. La rencontre scientifique s’est consacrée à des cancers que beaucoup ignorent et qui, selon certains communicants, seraient même méconnus chez certains médecins traitants. Avec pour thème «Les cancers professionnels : Mieux comprendre pour mieux agir», cette journée a été l’occasion pour les conférenciers de traiter le sujet sous divers angles. Mais cela n’a pas empêché les initiateurs de commencer par les fondamentaux pour rappeler à leurs confrères certaines exigences de leur métier, notamment envers les malades atteints de cette pathologie grave. Ainsi, le professeur Mohamed Lamara, un ancien praticien, a traité d’un thème d’une importance cruciale : l’annonce d’une maladie grave. Pour lui, il ne faut jamais laisser le patient dans l’ignorance, sauf dans certains cas extrêmes rendus possibles par une certaine personnalité. «Il faut annoncer la maladie mais il faut toujours laisser une petite fenêtre d’espoir. Dire qu’il a le cancer et qu’il sera pris en charge, qu’il faut faire ceci et cela. Il ne faut surtout pas laisser le patient tout seul avec sa maladie», a indiqué le Pr Lamara qui précise qu’il est préférable d’éviter ce qu’il appelle «les annonces déléguées» et la cacophonie dans les informations. «C’est le médecin qui doit faire l’annonce et non quelqu’un d’autre quel qu’il soit. Aussi, le cancéreux étant pris en charge par plusieurs médecins spécialistes, il ne devrait pas y avoir de cacophonie dans l’information. Pour cela, il faut désigner un médecin référent qui doit être seul à communiquer avec le patient qui n’a pas besoin d’être embrouillé», a estimé le conférencier précisant que «le malade doit être traité comme un partenaire et la relation entre les deux doit se baser sur la confiance». Si le Pr Lamara a choisi ce thème, c’est qu’il a constaté que de nombreux médecins, notamment les jeunes, ne respectent pas certains de ces fondamentaux. Pour lui, les jeunes médecins ne font pas assez d’efforts sur ce plan. En plus de la méconnaissance dont ils font preuve quand il s’agit de traiter notamment le volet réparation et indemnités, certains médecins ne sachant pas que certains cancers sont considérés comme des maladies professionnelles. Selon le Dr Habarak, le cancer est dit professionnel quand il est la conséquence de l’exposition d’un travailleur à un facteur cancérogène sur son lieu de travail. Dans sa communication, l’intervenant précise qu’il s’agit d’une exposition professionnelle à certains produits ou procédés. Ces cancers apparaissent généralement 10 à 50 ans après cette exposition. C’est ce qui rend la classification difficile, surtout que le diagnostic se fait au moment de la retraite des patients qui ne font pas le lien avec leur ancienne activité professionnelle. Les personnes ayant des métiers manuels sont les plus exposés aux cancers professionnels, selon le conférencier qui précise que c’est parce qu’ils sont le plus souvent directement en contact avec des produits ou des procédés susceptibles de causer le cancer. Les secteurs où le risque est élevé sont l’industrie du bois, la métallurgie, le BTP et les carrières, la chimie et la plasturgie et toutes les activités de maintenance, de nettoyage de dépannage, le travail de désinfection en milieu hospitalier ou dans l’agroalimentaire, le travail dans un laboratoire d’anatomopathologie ou dans un laboratoire de recherche. Les cancers professionnels les plus fréquents, selon le Dr Habarak sont ceux du poumon, de la vessie, du larynx et de la peau.

M. B.

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