INFOS
Théma | Par Chahira Cheref | 12-07-2017

Le citoyen, premier responsable de la saleté des lieux

Nécessité d’un contrôle rigoureux pour préserver la propreté des plages



Avec le début de la saison estivale, des bénévoles ont lancé une vaste opération pour nettoyer les différentes plages d’Algérie. Cette initiative prise par ces «éboueurs de la mer» vise, en plus du nettoyage des plages, l’éveil des consciences pour préserver non seulement le littoral mais l’environnement en général. Soutenue par la Radio algérienne, principalement la Chaîne III qui en est l’initiatrice, la désormais traditionnelle opération «éboueurs de la mer», qui en est à sa 9e édition, a été un succès. Cette initiative citoyenne lancée, comme à l’accoutumée, en coordination avec l’association Recif, vise la mobilisation des bénévoles et amoureux de la nature pour le nettoyage des plages. L’opération a eu lieu sur l’ensemble du littoral qui englobe 14 wilayas côtières. Après quelques jours du lancement des opérations de nettoyage, qu’elle est la situation des plages aujourd’hui ? Qui est le premier responsable de la saleté  au niveau des plages ? Lors d’une petite tournée sur les plages publiques et gratuites, on constatera qu’elles sont revenues à l’état dans lequel elles étaient avant le passage des éboueurs de la mer. Elles sont jonchées de détritus. Et le premier responsable est l’incivisme des estivants, qui est encouragé par le manque de contrôle. «A mon avis, le premier responsable de la malpropreté est le citoyen. Le comportement de certains estivants me rend furieux. Si chacun nettoyait les lieux qu’il a occupés avant de partir, ils resteraient toujours propres mais malheureusement ce n’est plus le cas. Certaines familles laissent sur les lieux les déchets alimentaires, les couches de leurs enfants, les bouteilles vides… J’estime qu’il ne sert vraiment à rien de nettoyer une plage pour des gens qui ont l’habitude de vivre dans la saleté. Ils jettent tout à la mer et l’absence de contrôle a rendu la situation pire», dira un citoyen. «La gratuité des plages est une initiative qu’on a accueilli avec des applaudissements mais elle nécessite le renforcement des agents de contrôle pour préserver la propreté des lieux. Malheureusement, à ce jour le citoyen algérien n’a pas la culture de nettoyer son entourage. A mon avis, il faut appliquer un système de sanctions afin de pousser les gens à se soumettre à l’ordre», renchérit un autre citoyen. Selon certains citoyens, les plages sauvages sont plus propres et sécurisées que les plages familiales. «Dans les plages ou la gratuité est  relativement appliquée, on remarque l’absence totale de contrôle, ce qui fait qu’elles sont abandonnées et la sécurité des estivants est mal assurée. Pour ce qui est des autres plages gérées par des groupes de malotrus qui imposent leur loi aux vacanciers, la situation n’est pas du tout meilleure, car les familles se trouvent obligées de payer des sommes allant de 2 000 jusqu’à 3 000  dinars pour éviter toute dispute avec les mafias de la plage», dira Houssem. «Pour moi, il est préférable de passer une journée en groupe sur les plages sauvages au lieu de dépenser de l’argent dans un endroit sale et en plus géré par des profiteurs et des voyous», ajoutera-t-il. Afin de préserver la propreté des plages et assurer la sécurité des plagistes, les autorités publiques doivent consentir plus d’efforts durant cette période et ce à travers la multiplication du contrôle et l’application de mesure fermes contre les responsables d’incivilités. A ce propos et afin de mettre fin à l’anarchie au niveau des plages durant cette période, le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, a donné, lundi dernier, des instructions fermes aux walis, les appelant à prendre des mesures rapides dans le cadre de la loi pour sanctionner les auteurs d’infractions. Il a dans ce sens montré son mécontentement  quant  à certains agissements concernant la gratuité et la  propreté des plages et de l'environnement. «Bien que les décisions relatives à la gratuité et à la propreté des plages soient appliquées dans nombre de plages, certaines nécessitent toutefois davantage d'efforts et un travail rigoureux», a affirmé le ministre, exhortant «à la mobilisation de tous les mécanismes administratifs, juridiques, de contrôle et de sanctions pour l'application des instructions données dans ce sens». Il a appelé, dans ce contexte, les walis à faire preuve de rigueur dans l'application de la loi et à poursuivre en justice tous les opportunistes, et ce à travers l'intensification des actions des commissions d'inspection.

C. C.

Réactions (0)