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Sport | Par A. Lemili | 16-07-2017

Enfance et pratique sportive

Les petits Algériens, otages de l’indifférence générale

Bien entendu, tous les enfants gagneraient à avoir, sans en exprimer expressément le besoin, des espaces adaptés, même sommairement équipés ou agencés. Ce qui n’est que peu le cas sinon pas du tout, et nous en donnons pour exemple les immensités qui existaient au lendemain de l’indépendance et populairement qualifiées de terrains vagues, de pistes naturelles et autres qui ont donné au pays ses meilleures générations de footballeurs et autres champions d’athlétisme. Or, aujourd’hui, ces espaces de fortune n’existent plus et si tant est qu’ils le soient faudrait-il alors souligner leur impraticabilité compte tenu des risques potentiels qu’ils recèlent parce que jouxtant ou constituant l’excroissance résiduelle d’un pharaonique chantier de réalisation de logements. Les pouvoirs publics, qui n’arrêtent pas de s’épancher sur la disponibilité de l’Etat, ont la responsabilité  de redonner à la petite enfance moyens - humains et matériels-, équipements et grande attention pour lui permettre de pratiquer du sport. Et il ne s’agit pas d’orienter, par facilité, tous les petits enfants vers le football parce que c’est l’activité la plus facile à développer et la plus disponible. Il faut enrichir et élargir l’offre pour que chaque enfant trouve son bonheur dans le choix de la pratique sportive qui l’intéresse, que ce soit la natation, l’escrime, les arts martiaux, le basket, la boxe, le canoë-kayak, le foot…

Il y a nécessité d’admettre cette évidence qui veut que le sport est essentiel pour la santé comme il n’y a pas meilleur moyen de l’avoir et la préserver qu’en entamant une activité physique sportive quelle qu’elle soit. Comme il n’y a pas de sots métiers, ils ne s’en trouvent pas non plus des disciplines négligeables dès l’instant où l’individu et surtout l’enfant y a d’abord l’avantage de bouger, mais également l’envie de se mettre en valeur par rapport à ce qui fait son environnement immédiat. Et, à ce stade autant dire que les enfants algériens ont une formidable, voire d’extraordinaires prédispositions pour la pratique sportive, et il suffit de les observer, dans le meilleur des cas, dans une cour de cité et, dans le moins mauvais, un hall d’entrée d’immeuble et même à l’intérieur des domiciles pour saisir l’ampleur du défi que ces derniers se lancent à titre personnel même si encore il ne se trouve derrière aucun calcul. Bien entendu, tous les enfants gagneraient à avoir, sans en exprimer expressément le besoin, des espaces adaptés, même sommairement équipés ou agencés. Ce qui n’est que peu le cas sinon pas du tout, et nous en donnons pour exemple les immensités qui existaient au lendemain de l’indépendance et populairement qualifiées de terrains vagues, de pistes naturelles et autres qui ont donné au pays ses meilleures générations de footballeurs et autres champions d’athlétisme. Or, aujourd’hui, ces espaces de fortune n’existent plus et si tant qu’ils le soient faudrait-il alors souligner leur impraticabilité compte tenu des risques potentiels qu’ils recèlent parce que jouxtant ou constituant l’excroissance résiduelle d’un pharaonique chantier de réalisation de logements. Et cette réalité ne réduit en rien l’ardeur d’enfants auxquels la chance peut parfois sourire à la suite d’un passage anodin d’un prospecteur de talents ou des louanges faites par un ou des voisins auprès de dirigeants d’associations sportives qui, exceptionnellement, peuvent aboutir dans un paysage où ces mêmes dirigeants ne prennent que ce qui est immédiatement rentable et donc déjà fonctionnel, évacuant du revers de la main toute idée de consacrer du temps à former et encore moins à investir en ce sens. Pourtant, cette photographie quasiment hallucinante d’un enfant potentiellement sportif d’avenir livré à lui-même peut-être maitrisée, il suffirait au minimum que les parents s’intéressent à leur (s) enfant(s), et plus particulièrement à leur désir non exprimé publiquement de pratiquer une activité sportive. Néanmoins, la présence de ces mêmes parents risque assez souvent d’être inhibitrice dans la mesure où leur perception d’abord pourrait être relativement lointaine, si ce n’est en opposition, avec le souhait de l’enfant lequel pourrait ou aurait des prédispositions naturelles pour faire du tennis au moment où sa famille décide derechef pour lui de l’intégrer dans une association de football. L’opinion sportive n’ignore rien des méfaits d’un chaperonnage trop rapproché d’un père ou d’une mère, et le cas du phénomène Belaïli est toujours vivace sachant que la gestion de son parcours de génie a connu une interruption par trop de proximité de son père et, dans un tout autre contexte, le cas d’un Messi sous la loupe de la justice espagnole est encore plus illustratif d’un proche parent qui comme à titre de revanche personnelle se met à vivre par procuration et surtout d’autorité la vie de son fils. En fait, si elle est incontournable, la présence des parents consiste seulement à encourager la pratique du sport et non pas à la contrarier par un choix personnel qui n’a rien à voir avec le désir de leur progéniture et des situations à même parfois de dégénérer en drame. Malheureusement, nombre, si ce n’est la majorité, d’Algériens pensent qu’en dehors d’une carrière dans l’armée, il n’y aurait d’autre que le football qui (leur) ferait voir la vie autrement à leur enfant. Bien entendu, les exemples sont légion pour ça, car il suffirait de voir qu’un footballeur peut gagner jusqu’à 3 millions de dinars par mois sans, en réalité, faire de grands efforts à l’image de ce que «eux» ont fait pendant parfois toute une vie de labeur. Dans tout cela, les pouvoirs publics nationaux qui n’arrêtent pas de s’épancher sur la disponibilité de l’Etat au nom duquel des responsables glosent à satiété, ont non seulement renié leurs obligations, des obligations, lesquelles, est-il important de le rappeler, étaient réelles durant la vingtaine d’années succédant à l’indépendance mais qui se sont évaporées par la suite pour ne plus devenir qu’un souvenir alimentant la nostalgie des anciens. Encore heureux que les résultats, pour ne pas dire les monumentaux échecs, consécutifs sont là pour démentir tous les gargarismes en ce sens.

A. L.

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