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Editorial | Par Kamel Amghar | 17-07-2017

Dialogue social

Le gouvernement s'apprête à ouvrir les canaux du dialogue et de concertation avec les composantes du tissu national afin de rassembler et de resserrer les rangs autour de son programme, récemment adopté par les deux chambres du Parlement. Partis politiques, syndicats, organisations de la société civile, associations, académiciens et personnalités nationales seront associés à ce débat national qui se décline comme un enrichissement et un appui à l'action de l'Exécutif. La conjoncture délicate que traverse le pays, induite par le recul des recettes pétrolières, dicte effectivement cette démarche qui consiste à consulter, discuter et échanger avec l'ensemble des partenaires nationaux (politiques, sociaux et économiques) afin de faire front commun face à la situation. «Toutes les parties seront présentes pour émettre leur avis à la faveur d'une conférence ouverte», indique le Premier ministre, en soulignant que cette rencontre sera sanctionné par un rapport final qui sera, à son tour, discuté et analysé et exploité avec des experts. Il est vrai que le plan d'action du gouvernement a été approuvé par le Parlement. Et, cela suffit théoriquement pour le mettre en application. Conscient de la faible représentativité des députés et autres sénateurs, en raison de la forte abstention lors des élections précédentes, l'Exécutif compte visiblement compenser cette lacune par un dialogue direct et sans exclusive avec tous les acteurs de la scène nationale. Ce serait, en effet, très bénéfique de se réunir entre Algériens, de parler franchement de la situation présente, d'envisager des solutions concertées, de s'entendre et d'agir efficacement pour relever les nombreux défis qui se posent au pays. La modernisation et la diversification de l'économie nationale, l'un des chantiers de grande envergure du gouvernement, exige l'adhésion de tous pour un maximum de visibilité et d'efficacité dans l'action. D'autres impératifs, également importants et aussi sensibles, dont l'amélioration de la gestion des transferts sociaux, la rationalisation des budgets de fonctionnement et la maîtrise du train de vie des institutions, l'appui à l'investissement productif et la réduction graduelle des importations de biens, la réforme de secteurs déterminants comme l'école, la formation et l'enseignement supérieur, doivent aussi reposer sur une assise solide afin d'aboutir dans des délais raisonnables. Ce débat national, qui intervient à la veille de la rentrée sociale, servira aussi à prévenir les conflits dans le monde du travail, à aplanir les contentieux déjà existants et à lever toutes les contraintes susceptibles de freiner l'action gouvernementale. Pour toutes ces raisons, la démarche du gouvernement, pourvu que les échanges soient francs, fructueux et conséquents, doit être nécessairement pertinente.

K. A.

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