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Théma | De notre correspondant à Annaba Mohamed Rahmani | 26-07-2017

Annaba

Les associations brillent par leur absence

En ces temps de canicule où la température atteint des pics avoisinant parfois les 42 à 44 degrés, les sorties en mer des familles à la recherche de fraicheur se multiplient.

En ces temps de canicule où la température atteint des pics avoisinant parfois les 42 à 44 degrés, les sorties en mer des familles à la recherche de fraicheur se multiplient. Certaines se débrouillent comme elles peuvent, réduisant les dépenses en préparant des sandwiches à la maison tout en prenant avec elles les équipements nécessaires, parasols, chaises et tables; d’autres ne regardent pas à la dépense et consacrent un budget pour une journée à la plage avec les enfants. Des enfants qui adorent la mer et qui, une fois dans l’eau, n’en sortent pas. Pour les familles démunies, il en est tout autrement et c’est à peine si l’on se permet une ou deux fois des sorties à la plage en prenant les transports publics avec tous les tracas que cela suppose : arrivée à destination en retard, baignades à la va vite puis penser au retour pour aller attendre le bus pendant plus d’une heure pour pouvoir rentrer. D’autres n’y vont pas du tout au grand dam des enfants privés de ces sorties et qui sont frustrés de voir les enfants de leur quartier partir quelques jours. Une privation qu’ils vivent très mal et qui ne manquera pas d’avoir des effets psychologiques qui se traduisent souvent par des conflits sous-tendus par un rejet dont l’origine est à chercher dans cette frustration.

L’APC d’Annaba à l’instar des autres communes en collaboration avec les directions de l’action sociale et de la jeunesse et des sports a consacré un budget pour les enfants démunis qu’elle a pris en charge dans des colonies de vacances encadrées par des moniteurs et des animateurs. Le bonheur de voir ces enfants retrouver ce sourire innocent, cette joie de vivre et ces rires qui emplissent les lieux, ça n’a pas de prix. Dans ces colonies, des contacts se font avec d’autres enfants de leur âge et de leur condition, des amitiés se nouent et qui durent jusqu’après ces vacances inespérées et qui peuvent se poursuivre tout au long de leur vie; une socialisation qui leur permet de s’affirmer en tant qu’individus vivant parmi les leurs et qui peut leur faire beaucoup de bien.

Des excursions d’une journée sont aussi organisées, les enfants accompagnés d’animateurs entonnent des chansonnettes à l’unisson, les bus traversant la ville deviennent une attraction pour les passants qui s’arrêtent parfois pour les saluer avec des gestes. Les enfants tout heureux répondent en chantant de plus belle. Une joie retrouvée et ce bonheur d’une journée restera gravé dans leurs souvenirs.

Les piscines dans la wilaya d’Annaba n’existent pas, exceptée celle olympique qui est tout le temps prise par les associations sportives qui s’y entrainent. Celle d’El Hadjar est toujours en cours de réalisation, cela dure depuis plus de cinq ans, les crédits alloués se sont avérés insuffisants du fait de surcoûts engendrés par des retards cumulés par les entreprises désignées pour achever les travaux. L’autre piscine semi-olympique, celle de Sid Amar, est, elle aussi, en cours de construction, les travaux sont à l’arrêt et là aussi faute de crédits. Une situation qui pénalise les amoureux de la natation qui attendent depuis des années l’ouverture de ces espaces où l’on peut se baigner à moindre coût. Cela aurait permis aux enfants démunis d’en profiter parce que situées à proximité et ne nécessitant pas des dépenses comme c’est le cas pour un déplacement à la plage.

Il n’y a pas à notre connaissance à Annaba d’associations qui prennent en charge les enfants démunis pour les emmener à la mer et les faire profiter des plaisirs de la plage; ces dernières  ne se manifestent qu’à l’occasion de la rentrée scolaire ou pendant le mois de Ramadhan comme si faire du bien se limite à ces deux événements sans plus, le reste du temps on s’occupe d’autre chose ou on disparait totalement. L’Etat à lui seul ne peut pas prendre en charge tous les démunis, la société civile devrait se manifester pour participer à cette œuvre de bienfaisance qui, certainement aura un impact positif sur ces enfants qui se sentiront ainsi intégrés dans la société et qui, devenus adultes, contribueront eux-aussi à cette œuvre, ô combien, importante de par les effets qu’elle aura sur les enfants, ces enfants qui feront l’Algérie de demain.

M. R.

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