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Monde | Par Agence France presse | 01-08-2017

L’opposition rejette l’élection et poursuit la résistance 

Maduro veut la levée de l'immunité des députés opposants par la Constituante

Le vote de l’Assemblée constituante a été ensanglanté. Opposants et forces de l'ordre se sont affrontés dans différentes villes. Les violences ont fait 10 morts. L’opposition, qui ne reconnait pas cette élection, a appelé à manifester dès hier


Le président vénézuélien Nicolas Maduro a souhaité, hier, que l'Assemblée constituante élue la veille lève l'immunité des parlementaires de l'opposition pour qu'ils soient jugés. «Cela suffit avec le sabotage de l'Assemblée nationale, il faut mettre de l'ordre [...]. Il faudra lever l'immunité parlementaire de quiconque doit avoir son immunité levée», a-t-il lancé. Le président n'a pas précisé les motifs qui seraient invoqués mais les députés de l'opposition sont régulièrement accusés de «coup d'Etat parlementaire» et d'avoir incité à la violence durant les manifestations qui secouent le pays depuis quatre mois et ont fait plus de 120 morts, dont 10, dimanche dernier, durant le scrutin, selon le Parquet. M. Maduro a également menacé de «prendre le mandat» de Procureur général dont la titulaire actuelle Luisa Ortega, chaviste de longue date, a rompu avec le gouvernement pour en devenir un des principaux adversaires. «Que doit faire (la Constituante) contre le Procureur général ? Le restructurer immédiatement, déclarer l'urgence et prendre le mandat pour faire justice», a-t-il dit. Il a de nouveau proposé un «dialogue national» pour résoudre la grave crise politique dans laquelle est enlisé le pays, se disant prêt à affronter l'opposition aux élections des gouverneurs prévues le 10 décembre. Selon lui, trois délégués ont maintenu jusqu'à récemment des pourparlers avec le président du Parlement contrôlé par l'opposition, Julio Borges. M. Maduro s'est félicité de l'élection de la Constituante, après l'annonce d'un taux de participation au scrutin de 41,5%, soit plus de huit millions d'électeurs. «C'est le plus grand vote de la révolution bolivarienne en 18 ans», a-t-il lancé sur la place Bolivar au centre de Caracas. M. Maduro a également rejeté la condamnation par les Etats-Unis de l'élection d'une Assemblée constituante et la menace de nouvelles sanctions : «On s'en fiche de ce que dit Trump ! Ce qui nous importe c'est ce que dit le peuple du Venezuela !»

Mais ce vote de l’Assemblée constituante a été ensanglanté. Dix morts, barricades, gaz lacrymogènes... le Venezuela a vécu, dimanche dernier, une nouvelle vague de violences durant cette élection, contre laquelle l'opposition a appelé à de nouvelles marches dès hier. Opposants et forces de l'ordre se sont affrontés dimanche à Cararas et dans d'autres villes du pays, à coups de balles en caoutchouc, bombes de gaz lacrymogènes contre jets de pierre et cocktails Molotov, lors de batailles rangées parfois meurtrières. Dès dimanche soir, les adversaires du régime chaviste ont appelé à manifester à nouveau hier et mercredi prochain, jour de la mise en place de cette Assemblée, qui selon eux ne va servir qu'à renforcer les pouvoirs du chef de l'Etat et à le maintenir en place. «Nous ne reconnaissons pas ce processus frauduleux, pour nous il est nul, il n'existe pas», a déclaré le leader de l'opposition Henrique Capriles, en dénonçant un «massacre» et une «fraude». Entre samedi et dimanche, quatre personnes, dont deux adolescents et un militaire, sont mortes dans l'Etat de Tachira, trois hommes dans celui de Merida, un dans celui de Lara, un autre dans celui de Zulia et un dirigeant étudiant dans l'Etat de Sucre, selon un bilan officiel.

AFP

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