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Théma | De notre correspondant à Annaba Mohamed Rahmani | 02-08-2017

Annaba

L’intransigeance dans l’application de la loi, seule arme

Chaque semaine on enregistre des dizaines d’accidents à travers les routes du pays, des morts qu’on déplore et des blessés qui, le plus souvent, se retrouvent handicapés à vie. Le dernier accident en date dans la wilaya d’Annaba est celui de ce carambolage qui a eu lieu à El Hadjar faisant 3 morts et une dizaine de blessés, dont 4 sont dans un état grave. Malgré une législation sévère en matière d’infractions au code de la route, les campagnes de sensibilisation des services de sécurité, les spots à la radio, les contrôles au niveau des barrages, les radars installés au niveau des points dits noirs, rien n’y fait et les accidents connaissent une courbe ascendante. Il faut dire que l’Algérien au volant n’en fait qu’à sa tête, ignorant superbement les panneaux de signalisation, roulant à des vitesses excessives, effectuant des manœuvres dangereuses non seulement pour lui mais aussi pour ceux conduisant dans le même sens ou celui inverse. On voit souvent ces chauffards faire des dépassements dangereux, à l’amorce d’un virage ou face à un véhicule proche venant dans l’autre sens pour se rabattre brusquement obligeant celui qui le suit à freiner pour éviter un accident. Certains font demi tour carrément au milieu de la chaussée sans se soucier du fait qu’ils bloquent la circulation dans les deux sens pour, ensuite, une fois la manœuvre effectuée, lever la main en signe d’excuses. Le sens interdit ne l’est plus, on l’emprunte et on pousse ce forfait jusqu’à exiger de celui qui est dans son droit de faire marche arrière pour lui permettre, lui, de passer. Et si d’aventure on proteste, on est sûr de subir le courroux de ce chauffard avec en plus un chapelet d’insultes. Conducteurs de fourgons, de minibus, chauffeurs de taxis, clandestins et autres énergumènes ne respectent rien, voulant à tout prix passer quitte à provoquer des accidents. Les radars installés sont très vite repérés par les conducteurs qui sont alertés par des appels de phare actionnés par ceux venant dans l’autre sens. Il y a malgré tout certains qui se font prendre et se voient retirer leur permis de conduire. Mais comme chacun le sait ces derniers les récupèrent rapidement en faisant jouer leurs relations, ceux qui n’en ont pas se retrouvent devant la commission de retrait qui prononce son verdict et là c’est sans appel. Tout ce dispositif cet argent dépensé pour l’acquisition de ces appareils, ces opérateurs formés, ce temps consacré au contrôle sous le soleil, des policiers qui rédigent des PV, tout cela est rayé d’un trait par l’intervention de tel ou tel. Cela démoralise le policier chargé d’appliquer la loi, frustre les conducteurs sans relation et porte un coup sérieux à la crédibilité et à l’autorité de l’Etat s’agissant de l’application stricte de la loi, qui est normalement la même pour tous quel que soit la position sociale du contrevenant. Cela donne ce sentiment d’injustice éprouvé par ceux qui n’ont pas réussi à récupérer leurs permis de conduire et cherchent à leur tour des relations ou recourront à d’autres moyens, puisque ne croyant plus et n’étant plus convaincus que c’est la loi et qu’il faut la respecter. En dehors de ces comportements répréhensibles à plus d’un titre, il faut aussi soulever la question de la formation au niveau des auto-écoles qui reste en deçà des normes admises. Des moniteurs qui, eux-mêmes ont besoin de formation sur les plans connaissance, pédagogie et civisme, mais aussi les examinateurs qui décident selon leur humeur ou sur l’intervention de quelque connaissance de recevoir ou de recaler tel ou tel candidat à l’examen. C’est donc tout le système qui est à revoir et à assainir, tout en veillant à l’application stricte et totale de la loi qui devrait être au dessus de tous. Car, si cela continue de la sorte, ni le permis à points ni les mesures prises n’y changeront rien, et l’hécatombe sur nos routes se poursuivra.

M. R.

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