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Monde | Par Agence France presse | 02-08-2017

Gel des avoirs que posséderait Maduro aux États-Unis

Venezuela : deux chefs de l'opposition arrêtés

L'opposition a appelé à une nouvelle manifestation, aujourd’hui à Caracas, jour de l’installation de la nouvelle Assemblée, afin de dénoncer son «illégitimité»

Deux des chefs de l'opposition ont été arrêtés hier au Venezuela, sous le coup de sanctions des Etats-Unis après l'élection dans le sang d'une toute puissante Assemblée constituante voulue par le président socialiste Nicolas Maduro. A la veille de l'installation prévue de cette Constituante, Leopoldo Lopez, 46 ans, fondateur du parti Voluntad Popular (Volonté populaire, droite), et le maire de Caracas, Antonio Ledezma, 62 ans, ont été arrêtés selon leurs familles en pleine nuit chez eux où ils étaient en résidence surveillée, après avoir déjà été emprisonnés -jusqu'à presque trois ans et demi pour M. Lopez. Tous deux avaient appelé à ne pas participer à l'élection dimanche dernier de la Constituante, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts. Plus de 120 personnes au total ont été tuées en quatre mois de manifestations anti-Maduro. Selon l'ONG Foro Penal, le Venezuela compte quelque 490 «prisonniers politiques». La coalition de l'opposition Table de l'unité démocratique (MUD) a appelé à une nouvelle manifestation aujourd’hui à Caracas afin de dénoncer «l'illégitimité» de la nouvelle Assemblée. L'élection des 545 membres de la Constituante, qui doit diriger le pays pour une durée indéterminée, a été qualifiée de triomphe «historique» par M. Maduro. L'opposition, qui contrôle le Parlement depuis 2016, a boycotté le scrutin en dénonçant une «fraude» pour prolonger le pouvoir de M. Maduro dont le mandat s'achève en 2019. Washington a annoncé lundi soir de nouvelles sanctions avec le «gel» de «tous les avoirs» que posséderait le président vénézuélien aux Etats-Unis, une mesure extrêmement rare contre un chef d'Etat en exercice. M. Maduro est le quatrième président seulement à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant les présidents syrien Bachar al-Assad, nord-coréen Kim Jong-Un et zimbabwéen Robert Mugabe.

La nouvelle Assemblée se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du président, et doit rédiger une nouvelle Constitution remplaçant celle promulguée en 1999 par le défunt président Hugo Chavez. L'opposant Julio Borges, président du Parlement, a assuré que le législatif continuerait de siéger malgré l'élection de la Constituante. M. Maduro a souhaité lundi que la Constituante lève l'immunité des parlementaires de l'opposition pour qu'ils soient jugés. Il a également menacé de «prendre le mandat» de la Procureure générale Luisa Ortega. Cette chaviste de longue date, qui a rompu avec le gouvernement pour en devenir un des principaux adversaires, a dénoncé la Constituante et «une ambition dictatoriale». Selon les autorités, plus de huit millions d'électeurs, soit 41,5% du corps électoral, ont participé à l'élection de l'Assemblée constituante. Plus que les 7,6 millions de voix réunies par l'opposition le 16 juillet, lors d'un référendum contre le projet de Constituante. Chaque camp conteste les chiffres de l'autre. Le résultat de l'élection a été accueilli par des condamnations internationales. Une dizaine de pays, des Etats-Unis à la Colombie, en passant par l'Argentine ou l'Espagne, ont annoncé qu'ils ne reconnaîtraient pas la Constituante. A l'inverse, la Russie, Cuba, le Nicaragua, la Bolivie et le Salvador ont apporté leur soutien à M. Maduro. La Havane a dénoncé lundi soir «une opération internationale bien orchestrée, dirigée par Washington [...] pour réduire au silence la voix du peuple vénézuélien».

AFP

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