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Monde | Par Agence France presse | 05-08-2017

Selon un rapport de l'ONU publié à Genève

RDC : plus de 250 «exécutions sauvages», dont 62 enfants

Quelque 251 personnes, dont 62 enfants, ont été victimes d'exécutions sauvages entre mars et juin dans le Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo, perpétrées par des agents de l’État, des milices ou des rebelles, selon un rapport de l'ONU publié vendredi à Genève.

Quelque 251 personnes, dont 62 enfants, ont été victimes d'exécutions sauvages entre mars et juin dans le Kasaï, dans le centre de la République démocratique du Congo, perpétrées par des agents de l’État, des milices ou des rebelles, selon un rapport de l'ONU publié vendredi à Genève. Ce bilan a été dressé par une équipe d'enquêteurs du Haut-commissariat des droits de l'Homme de l'ONU sur les massacres ethniques dans la région du Kasaï, théâtre de troubles sanglants depuis plusieurs mois. Parmi ces 62 enfants exécutés, 30 avaient moins de 8 ans, souligne l'ONU. Les exécutions ont été soit «extrajudiciaires» et commises par des agents de l’État, soit commises par des milices de tout bord ou des rebelles, selon l'ONU. Selon Scott Campbell, chef de la section de l'Afrique centrale et occidentale du Haut-commissariat aux droits de l'Homme, quelque 500 enfants en RDC ont été tués depuis le début des violences l'année dernière. Les exécutions dénoncées vendredi ont été commises entre le 12 mars et le 19 juin, indique le Haut-commissariat, qui ajoute que sa Mission en RDC a recensé «au moins 80 charniers dans la région». Le rapport se fonde sur des entretiens menés par les enquêteurs avec 96 personnes, qui ont fui vers l'Angola voisin, pour échapper aux violences en cours au Kasaï.

«Les survivants ont évoqué les cris de personnes brûlées vives, la vision de leurs proches traqués puis abattus, et leur propre fuite, terrorisés», a déclaré le Haut-commissaire aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad al Hussein.  «Ces bains de sang sont d'autant plus terrifiants qu'il sembleraient que les populations sont toujours plus souvent ciblées en raison de leur appartenance ethnique», a-t-il ajouté. Devant cette situation, le Haut-commissaire adresse un «avertissement très sérieux» au gouvernement de la RDC, «afin d'agir sans délai pour empêcher que cette violence ne bascule dans un processus de purification ethnique à plus grande échelle». En juin dernier, devant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU à Genève, M. Zeid avait accusé les autorités de la RDC d'armer une milice menant «d'horribles attaques» contre les civils dans la région du Kasaï, en proie à des troubles. Il a dénoncé en particulier une milice, appelée Bana Mura, qui a mené «des attaques horribles contre les groupes ethniques Luba et Lulua». Devant cette situation, le Haut-commissaire avait décidé d'envoyer dans la région une équipe d'enquêteurs pour rencontrer les réfugiés ayant fui les violences. C'est le rapport de cette équipe qui a été publié vendredi. Les enquêteurs de l'ONU ont «vu des personnes gravement blessées ou mutilées, dont un garçon de 7 ans, amputé de plusieurs doigts et totalement défiguré», selon leur rapport publié vendredi. Certains réfugiés interrogés ont aussi supplié l'équipe de l'ONU d'écouter leur témoignage et deux d'entre eux sont décédés peu après de leurs blessures.

Les combats ont commencé en août 2016 entre la milice Kamwina Nsapu et le gouvernement. Selon l'équipe de l'ONU, une autre milice, la Bana Mura, a été formée au printemps dernier par des personnes appartenant aux ethnies Tshokwe, Pende et Tetela, et ont attaqué les communautés Luba et Lulua. L'ONU mentionne aussi une des attaques les plus choquantes, qui a eu lieu dans le village de Cinq, ou 90 personnes dans un centre médical ont été tuées, y compris des patients. L'équipe a aussi recueilli des témoignages de viols et d'autres formes de violence sexuelle. Tous les faits documentés par l'équipe de l'ONU impliquent des garçons et filles, âgés de 7 à 13 ans, engagés comme combattants par les Kamwina Nsapu. Des témoins ont aussi rapporté que des groupes de filles, appelées les «Lamama», accompagnaient la milice en «buvant le sang des victimes, dans le cadre d'un rituel magique censé rendre le groupe invincible».

AFP

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