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Conjoncture | Par Algérie presse service | 05-08-2017

Selon un document paru sur son site web

Le FMI dresse un bilan de la lutte contre la corruption dans le monde

Le FMI a élaboré un document sur la gouvernance et la lutte contre la corruption dans le monde «en partant d’une prise de conscience grandissante que la corruption systémique peut menacer les perspectives d’une croissance durable et inclusive», a-t-il indiqué sur son site web.

Le FMI a élaboré un document sur la gouvernance et la lutte contre la corruption dans le monde «en partant d’une prise de conscience grandissante que la corruption systémique peut menacer les perspectives d’une croissance durable et inclusive», a-t-il indiqué sur son site web. Le document a évalué dans quelle mesure la corruption a été traitée de manière appropriée par le FMI dans les pays membres dans le cadre de l'évaluation des économies des pays membres et des programmes appuyés par cette institution financière en tenant compte de la Note d’orientation de 1997 selon laquelle les questions de corruption doivent être traitées lorsqu’elles sont réputées avoir un impact considérable sur le plan macroéconomique à court et moyen termes. Selon le bilan, de nombreux rapports sur les pays ont accordé une grande importance aux questions de corruption et, dans le cas des programmes appuyés par le FMI, le travail de l’institution a été encore plus approfondi et ciblé. D'autre part, le bilan a signalé plusieurs domaines où l’action du FMI pourrait être renforcée, à savoir «adopter une meilleure méthode pour évaluer l’ampleur de la corruption et son impact sur le plan macroéconomique, prodiguer des conseils plus concrets et précis afin d’aider les autorités des pays concernés à lutter contre la corruption, fournir des évaluations plus sincères de l’ampleur et du coût de la corruption lorsqu’elle menace les résultats macroéconomiques  et garantir un traitement objectif des questions de corruption dans l’ensemble des pays». Dans ce cadre, il a été recommandé de donner des orientations plus poussées aux services du FMI, d'entreprendre d’importants travaux d’analyse et de collaborer étroitement avec d’autres organismes dotés d’un savoir-faire spécialisé comme la Banque mondiale. Ce bilan s’appuie également sur les avis des autorités nationales, des organisations internationales, des chefs de mission du FMI et des organisations de la société civile. A ce propos, le Conseil d'administration du FMI a relevé les progrès accomplis et les domaines où une analyse plus approfondie et d’éventuelles modifications de la Note d’orientation se justifieraient. Il a convenu de l’importance d'aider les pays à améliorer la gestion de leurs finances publiques et à définir des normes et codes dans les domaines budgétaire et monétaire. Il s'agit aussi de procéder à des évaluations du secteur financier, à renforcer la gouvernance de la banque centrale, à améliorer la qualité, l’actualité et la transparence des données statistiques et à évaluer les cadres de la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Certains membres du Conseil d'administration du Fonds ont signalé que ce bilan aurait pu cibler davantage l’évaluation de la mise en œuvre de ces initiatives, tandis qu’un certain nombre d’autres eux ont estimé qu’il aurait pu éclairer davantage les questions tels que la fraude fiscale et les flux financiers illicites. Par ailleurs, ils ont reconnu que «la corruption systémique a des effets particulièrement pernicieux sur les résultats économiques». Pour le FMI, la corruption peut nuire à la capacité d’un pays à assurer une croissance durable et inclusive en compromettant l’exécution des fonctions essentielles de l’Etat comme la conduite des politiques budgétaire et monétaire, l’élaboration et l’application de réglementations du marché, la supervision du secteur financier et l’ordre public et son respect. En outre, l’impact de la corruption sur la capacité de l’État à exercer ses fonctions s’accentue à mesure que la corruption devient plus systémique et critique: «La corruption systémique peut, qui plus est, creuser les inégalités en raison des distorsions de dépenses qu’elle provoque», note-t-il. Dans ce contexte, les administrateurs ont convenu que le FMI doit continuer à traiter des questions de corruption lorsqu’elles sont réputées avoir un impact considérable sur le plan macroéconomique. De nombreux administrateurs ont aussi jugé qu’une définition plus large de la corruption serait plus judicieuse pour cerner ses diverses formes dans les différents pays. Toutefois, certains administrateurs pensent que le FMI pourrait se montrer plus efficace dans le dialogue avec les pays membres, tout en signalant que le FMI ne doit pas chercher à intervenir dans la vie politique nationale, à jouer le rôle d’organisme d’enquête ou de gardien de l’intégrité financière ou encore à agir d’une manière qui pourrait porter préjudice aux processus destinés à faire respecter la loi dans les pays. Ils ont aussi signalé plusieurs domaines où les pratiques actuelles pourraient être davantage renforcées, dont la prise en compte de la corruption dans l’action du FMI, qui varie énormément d’un pays à l’autre, même parmi ceux qui rencontrent des problèmes de corruption globalement comparables. En outre, ils ont considéré qu’une plus grande clarté dans les rapports et recommandations des services du FMI concernant les questions liées à la corruption serait utile.

APS

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